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Bourse et armement : faut-il investir maintenant ?

Les actions du secteur de l'armement ont surfé sur la hausse des commandes publiques en 2025. Quel est l'impact pour l'épargnant français et quelles décisions concrètes prendre pour son portefeuille ?

Équipe Finomo

Rédaction collaborative

2 janvier 20267 min de lecture

Les récents articles économiques ont souligné la surperformance des titres liés à la défense sur les marchés européens. En France, des groupes tels que Thales, Safran (exposure aéro/défense) ou Dassault Aviation figurent régulièrement parmi les sociétés citées quand on parle d'un « rebond » du secteur. Pour un épargnant, la question est double : ces titres représentent-ils une opportunité financière solide et quelles implications éthiques et pratiques faut-il mesurer avant d'acheter ?

Le contexte (pourquoi le secteur attire les capitaux)

Plusieurs facteurs expliquent l'intérêt récent pour les valeurs de défense :

  • augmentation des dépenses publiques de défense dans plusieurs pays européens et partenaires (marchés publics et renouvellement d'équipements) ;
  • visibilité des carnets de commandes pour certains grands groupes, qui permet d'anticiper des flux de chiffre d'affaires pluriannuels ;
  • caractère défensif-cyclique : certains contrats sont long terme, apportant de la récurrence de revenus.

Pour vérifier l'ampleur réelle de ces tendances en France, consultez les publications du Ministère des Armées et les rapports annuels des grands industriels (Ministère des Armées - rubrique publications officielles ; sites investisseurs des sociétés cotées).

Risques financiers et de marché

Investir dans l'armement présente des spécificités :

  • concentration du chiffre d'affaires sur de grands contrats : un programme retardé ou annulé peut peser lourd ;
  • sensibilité au calendrier politique et aux budgets publics ;
  • risque réputationnel et réglementaire (sanctions internationales, contrôle à l'export) qui peuvent affecter la valorisation.

Conséquence pratique : ces titres peuvent être plus volatils et dépendants d'annonces politiques. Ils conviennent plutôt aux investisseurs qui acceptent une exposition sectorielle ciblée et qui maîtrisent le risque.

Enjeux éthiques et ESG (environnemental, social, gouvernance)

Investir dans l'armement soulève des questions morales que chaque épargnant doit trancher. Les sociétés de défense sont souvent exclues des portefeuilles ISR (investissement socialement responsable) ou intégrées avec des critères d'exclusion spécifiques. L'Autorité des marchés financiers (AMF) et certains labels imposent des exigences de transparence sur les critères ESG ; vérifiez les politiques ESG des fonds et ETFs avant d'acheter.

Actions concrètes pour un épargnant français

Voici une feuille de route pratique, selon votre profil :

  1. Évaluez votre tolérance éthique et financière.

  2. Si vous souhaitez exposer votre portefeuille au secteur, privilégiez la diversification : misez plutôt sur un panier d'entreprises ou un ETF sectoriel européen plutôt que sur une position concentrée sur une seule entreprise. Cela réduit le risque idiosyncratique.

  3. Fixez un pourcentage d'allocation maximal. Exemple concret : limiter l'exposition totale au secteur défense à 1-5% du portefeuille actions selon votre aversion au risque et vos convictions éthiques. Pour un portefeuille de 100 000 €, cela représenterait 1 000 € à 5 000 €.

  4. Vérifiez la fiscalité : gains réalisés sur un compte-titres sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou, sur demande, au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Pour un PEA, l'éligibilité des titres doit être vérifiée (certaines sociétés non-européennes ne sont pas éligibles).

  5. Consultez les données publiques : rapports annuels, carnets de commande, publications du Ministère des Armées. Priorisez des sociétés avec une gouvernance claire et des perspectives de carnet de commandes visibles.

  6. Si l'éthique vous préoccupe mais que vous ne voulez pas renoncer à toute exposition, regardez des fonds à « engagement » ou des approches d'investissement thématiques qui excluent les produits les plus controversés tout en permettant d'investir dans la défense dite « dual-use » (usage civil et militaire).

Exemples concrets

Scénario 1 - Investisseur prudent : vous possédez 50 000 € en actions. Vous décidez d'allouer 2% au secteur défense via un ETF européen sectoriel. Montant investi : 1 000 €. Objectif : exposition limitée, gestion par diversification.

Scénario 2 - Investisseur actif : vous choisissez 3 actions françaises liées à l'aéronautique/défense et vous limitez l'exposition totale à 5% du portefeuille. Vous suivez trimestriellement l'évolution des carnets de commandes et les annonces gouvernementales.

Sources officielles et lectures recommandées

  • Ministère des Armées - publications et budget : service-public et portail officiel du ministère.
  • Autorité des marchés financiers (AMF) - documents sur la communication financière et les enjeux ESG.
  • Rapports annuels des sociétés concernées (Thales, Safran, Dassault Aviation) disponibles sur leurs sites investisseurs.

Conclusion

Le secteur de l'armement peut offrir des opportunités de rendement liées à la visibilité des commandes publiques, mais il comporte des risques financiers, réglementaires et éthiques importants. Pour la plupart des épargnants, une exposition limitée, diversifiée et documentée est la meilleure approche. Si les implications morales sont contraignantes pour vous, privilégiez des alternatives ou des fonds dotés de politiques d'exclusion claires.

Équipe Finomo

Rédaction collaborative

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