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Gagner avec sa connexion internet - guide pratique France

Vendre ou prêter sa bande passante via des plateformes (Honeygain, Peer2Profit, Mysterium, etc.) : comment ça marche, combien on peut gagner, quels sont les risques juridiques et techniques, et comment déclarer ces revenus en France.

⏱️ 35 min de lecture📅 7 février 2026
#side-hustle#revenus-complementaires#internet#fiscalite#securite

De nouvelles plateformes proposent de monétiser la bande passante inutilisée d'une connexion internet domestique. Pour quelques euros par mois certains promettent de transformer un routeur, un PC ou un Raspberry Pi en source de revenus passifs. Ce guide pratique explique, pas à pas, comment fonctionnent ces services, ce que vous pouvez raisonnablement attendre comme gains, quel est le coût réel (électricité, matériel), et surtout comment rester dans la légalité et déclarer correctement ces revenus en France.

Qu'est-ce que la location de bande passante ? Variantes et acteurs

La location de bande passante consiste à autoriser une plateforme tierce à utiliser une partie du débit de votre connexion internet pour router des données. Selon les plateformes, l'usage peut être :

  • distribution de contenus ou cache pour accélérer des services ;
  • proxy/residential IP pour tests, crawling ou navigation distante ;
  • réseau privé virtuel distribué (VPN) pour des usages anonymes ou géo-optimisés ;
  • partage de stockage ou ressources pour des services peer-to-peer.

Parmi les acteurs les plus connus (au moment de la rédaction) figurent Honeygain, Peer2Profit, PacketStream, IPRoyal, et Mysterium. Chacune a un modèle économique différent et des conditions d'utilisation particulières. Certaines rémunèrent au volume de données routées, d'autres à la durée d'activité ou au nombre d'adresses IP actives.

Comment ça marche techniquement ?

1) Installation

La plupart des services proposent :

  • une application à installer sur Windows, macOS, Linux, Android ;
  • un conteneur Docker ou une image pour Raspberry Pi ;
  • parfois un accès via routeur compatible (rare).

Après installation vous associez l'appareil à votre compte. L'application se connecte à un réseau peer-to-peer et commence à router des paquets à travers votre adresse IP.

2) Types d'IP

  • IP résidentielle : adresse fournie par un opérateur fixe/mobile au domicile. Elle est valorisée par les clients car elle ressemble à un internaute classique.
  • IP datacenter : adresse fournie par un hébergeur. Moins recherchée pour certaines tâches puisque plus facilement détectable comme automatique.

3) Mesure et rémunération

Les plateformes suivent le trafic émis/relayé et vous rémunèrent selon leur barème. Le paiement est parfois en dollars ou en crypto, puis converti en euros au moment du virement.

Gains attendus : exemples chiffrés réalistes

Les promesses marketing peuvent être trompeuses. Voici des scénarios typiques observés sur le terrain :

  • Smartphone ou tablette : souvent peu rentable car la plateforme limite l'usage sur réseau mobile. Gains moyens : 0,5 à 3 euros/mois.
  • PC portable ou fixe allumé régulièrement : gains moyens : 2 à 10 euros/mois selon l'activité et la région.
  • Raspberry Pi ou mini-PC always-on avec IP résidentielle : gains moyens : 5 à 20 euros/mois (scénario optimisé).
  • Plusieurs appareils ou adresses IP résidentielles (colocation, famille) : 20 à 50 euros/mois si vous assemblez une flotte.

Facteurs qui font varier le revenu :

  • localisation géographique (pays, région) ;
  • disponibilité et qualité de l'IP résidentielle ;
  • politique tarifaire de la plateforme ;
  • régularité de l'appareil connecté.

Ces chiffres sont des estimations conservatrices basées sur retours d'utilisateurs et tests. Ils montrent que la location de bande passante reste une source de revenus complémentaires plutôt modeste pour un particulier.

Coûts réels : consommation électrique et usure

1) Calculer la consommation

Exemple de calcul sur un appareil always-on :

Consommation illustrative - PC léger : 20 watts (0,02 kW).

Énergie mensuelle = 0,02 kW * 24 h * 30 j = 14,4 kWh.

Si le prix du kWh est 0,20 €/kWh (valeur indicative), coût électrique = 14,4 * 0,20 = 2,88 €/mois.

Pour un Raspberry Pi (5 W) : 0,005 kW * 24 * 30 = 3,6 kWh → 0,72 €/mois.

Pour un PC plus puissant (50 W) : 0,05 kW * 24 * 30 = 36 kWh → 7,20 €/mois.

2) Usure et maintenance

L'appareil tourne 24/7, ce qui peut accélérer l'usure du matériel et augmenter la facture de remplacement. Prévoyez une provision annuelle pour remplacement ou maintenance si vous comptez rentabiliser sur le long terme.

Risques techniques et de sécurité

1) Sécurité réseau

  • Confier du trafic à un tiers peut exposer votre adresse IP à des usages que vous ne contrôlez pas.
  • Un usage malveillant via votre IP peut entraîner des plaintes ou des blocages par l'opérateur.

2) Respect de la vie privée

Le trafic qui transite via votre connexion n'est pas forcément relié à votre activité personnelle, mais il peut être associé juridiquement à votre adresse IP. Il est essentiel de lire la politique de confidentialité de la plateforme et de comprendre qui peut voir quoi.

3) Risque de suspension par l'opérateur

Certaines clauses de contrat d'abonnement internet interdisent explicitement l'utilisation professionnelle ou la revente de la connexion. En France, la plupart des fournisseurs d'accès à internet (FAI) interdisent la revente de la connexion ou la modification de l'usage sans accord. L'utilisation intensive peut entraîner des avertissements, limitation ou résiliation du contrat.

4) Risque juridique

Si du contenu illicite transite par votre IP, vous pouvez faire l'objet d'enquêtes avant qu'il soit établi que vous n'êtes pas l'auteur. Les autorités peuvent remonter aux informations du titulaire de la ligne.

Cadre légal et contractuel en France

1) Contrat FAI

Vérifiez les conditions générales de vente de votre fournisseur. Beaucoup précisent que la ligne est destinée à un usage personnel et que toute activité commerciale nécessite un abonnement professionnel.

2) Responsabilité pénale et pénalisation en cas d'usage illicite

Le titulaire d'une ligne est souvent le premier point de contact pour les autorités. En cas d'infraction commise via votre IP, les enquêteurs vous contacteront pour identifier l'activité.

3) Données personnelles et CNIL

La collecte et l'utilisation des données personnelles par la plateforme doivent respecter le Règlement général sur la protection des données (RGPD). Vérifiez la politique de confidentialité de la plateforme et les mentions sur le traitement des données.

Sources officielles :

  • impots.gouv.fr - informations sur la fiscalité des revenus occasionnels et micro-entreprise.

  • urssaf.fr - informations sur le statut auto-entrepreneur et cotisations sociales.

  • cnil.fr - règles RGPD et bonnes pratiques.

  • arcep.fr - régulation des communications électroniques en France (pour vérifier droits et obligations).

Comment déclarer ces revenus en France ?

1) Nature du revenu

La fiscalité dépend de la nature et de la régularité de l'activité :

  • revenus occasionnels et faibles : ils restent imposables et doivent être déclarés, souvent parmi les revenus non commerciaux ou comme revenus divers selon le cas ;
  • activité organisée, régulière et lucrative : elle est assimilée à une activité commerciale ou de prestation de services et doit être déclarée comme telle (micro-entreprise ou entreprise individuelle).

2) Régime micro-BIC vs micro-BNC

Pour une activité de service occasionnelle, le régime micro-BIC (ou micro-BNC si classification indépendante) peut s'appliquer :

  • micro-BIC pour prestations de services commerciales : seuil de chiffre d'affaires annuel 72 600 € (valeur indicative) avec abattement forfaitaire pour frais de 50 % ;
  • micro-BNC pour activités non commerciales : seuil 72 600 € et abattement forfaitaire 34 % (minimum 305 €).

Ces chiffres sont donnés à titre indicatif. Consultez impots.gouv.fr pour les seuils actualisés et la qualification exacte de votre activité.

3) Auto-entrepreneur / micro-entreprise

Si vous monétisez régulièrement plusieurs appareils, mieux vaut vous inscrire en tant que micro-entrepreneur. Les avantages :

  • déclaration claire du chiffre d'affaires ;
  • paiement des cotisations sociales proportionnel au CA via l'URSSAF ;
  • possibilité d'opter pour le prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu si vous êtes éligible.

4) TVA

En dessous des seuils de franchise en base de TVA, vous ne facturez pas de TVA. Si vous dépassez ces seuils, la TVA s'applique. Vérifiez votre seuil de franchise sur impots.gouv.fr.

Étapes pratiques avant de se lancer

1) Vérifier son contrat FAI

Relisez les conditions générales de votre offre pour voir si la revente de la connexion est interdite. Si c'est le cas, contactez votre FAI pour demander un accord ou envisagez un abonnement professionnel.

2) Évaluer la rentabilité

Calculez gains estimés - coûts (électricité + matériel provisionné + frais éventuels). Exemple rapide :

Scénario : Raspberry Pi (5 W), gains estimés 10 €/mois.

Coût électrique : 0,72 €/mois (voir calculs précédents).

Profit avant impôts ≈ 9,28 €/mois. À partir de là déduisez taxes éventuelles et provision pour remplacement.

3) Sécuriser le réseau

  • créez un VLAN ou un réseau invité sur votre routeur pour isoler l'appareil utilisé par la plateforme ;
  • mettez à jour l'OS et l'application ;
  • activez un pare-feu et surveillez les logs réseau.

4) Choisir la plateforme

Comparez : tarifs, méthode de paiement, mode de rémunération, conditions d'utilisation, réputation en ligne. Privilégiez les plateformes qui publient des rapports clairs et possèdent une politique de confidentialité conforme au RGPD.

Optimisation des gains - bonnes pratiques

1) Utiliser plusieurs IP résidentielles

Plus vous apportez d'IP résidentielles distinctes, plus le potentiel de gains augmente. Cependant cela exige plusieurs abonnements ou des locataires volontaires.

2) Appareils fiables et low-power

Un Raspberry Pi est souvent la machine idéale : faible consommation, fiabilité, coût faible, configuration simple.

3) Localisation

Les IP situées dans certains pays (ex. Etats-Unis, Allemagne) peuvent être mieux rémunérées. Cependant, en France vous devez déclarer les revenus perçus, même si la clientèle est étrangère.

4) Temps d'activité et bande passante disponible

Un appareil éteint ne rapporte rien. Privilégiez une connexion stable, filaire de préférence pour limiter les fluctuations.

Cas pratiques et exemples

Exemple 1 - Utilisateur solo :

- Matériel : Raspberry Pi 4 à la maison.

- Gains brut plateforme : 12 €/mois.

- Coût électricité : 0,72 €/mois.

- Résultat avant impôts : 11,28 €/mois.

En pratique, l'utilisateur déclare 135 € de revenus sur l'année. Sous le régime micro-BIC cela reste en dessous du seuil et bénéficie d'un abattement, mais la déclaration est nécessaire.

Exemple 2 - Petite flotte :

- 4 Raspberry Pi dans une colocation, IP résidentielles distinctes.

- Gains bruts : 4 * 12 € = 48 €/mois.

- Coût électricité : 4 * 0,72 = 2,88 €/mois.

- CA annuel : 576 € ; micro-entreprise possible mais vérifiez obligations.

Risques juridiques détaillés et comment s'en prémunir

1) Lire les CGV de la plateforme

Vérifiez la clause de responsabilité et la nature des activités permises. Certaines plateformes précisent que vous assumez la responsabilité de votre usage de la ligne.

2) Mettre en place des garde-fous

  • isolation réseau (VLAN, sous-réseau invité) ;
  • filtrage sortant pour bloquer certains ports ou destinations si la plateforme le permet ;
  • monitoring régulier du trafic.

3) Conserver des preuves de bonne foi

Si vous êtes contacté par les autorités, conservez : historique d'installation, échanges avec la plateforme, captures d'écran des CGV à la date d'adhésion, relevés de paiement. Cela aide à prouver que vous étiez un simple hôte et non l'acteur du trafic problématique.

Alternatives à la location de bande passante

Si vous cherchez à monétiser du matériel ou de la capacité réseau, d'autres options existent :

  • louer de l'espace de stockage chez soi (existant mais déjà couvert sur finomo) ;
  • participer à des programmes de calcul distribué rémunéré (rare) ;
  • vendre de la puissance GPU via des plateformes spécialisées ;
  • proposer un service local (hébergement de serveur de jeu, stockage pour voisins) avec contrats clairs.

Check-list avant de débuter

  • Vérifier CGV de votre FAI et accepter le risque ou changer d'offre si nécessaire.
  • Comparer plusieurs plateformes et lire les avis utilisateurs récents.
  • Estimer gains potentiels et coûts (électricité, matériel, temps).
  • Isoler l'appareil sur un réseau invité ou VLAN.
  • Activer mises à jour automatiques et surveillance de sécurité.
  • Déclarer les revenus dès le premier euro perçu (mentionner sur la déclaration de revenus) et envisager le statut micro-entrepreneur si l'activité devient régulière.

Questions fréquentes (FAQ)

Q - Est-ce légal en France ?

R - La pratique n'est pas illégale en soi. Le risque principal vient des contrats FAI et de l'usage qui sera fait du trafic. Vous devez vérifier votre contrat et déclarer les revenus.

Q - Dois-je créer une société ?

R - Pour quelques euros par mois, non. Pour une activité régulière et structurée, le statut micro-entrepreneur est généralement adapté.

Q - La plateforme peut-elle être tenue responsable si mon IP est utilisée pour un crime ?

R - Les plateformes ont souvent des clauses de non-responsabilité. Les autorités recherchent d'abord le titulaire de la ligne. Conservez les preuves d'activité pour vous protéger.

Sources officielles et ressources utiles

  • Impôts - Informations générales sur la déclaration des revenus et régimes micro : https://www.impots.gouv.fr

  • URSSAF - Création et obligations du micro-entrepreneur : https://www.urssaf.fr

  • CNIL - RGPD et protection des données : https://www.cnil.fr

  • ARCEP - Régulation des communications électroniques : https://www.arcep.fr

  • Conseils pratiques réseau : documentation de votre FAI et manuels de routeur pour créer un réseau invité/VLAN.

Conclusion - Pour qui ce side-hustle vaut-il le coup ?

La location de bande passante peut être une source de revenus complémentaires simple à mettre en place, peu exigeante en temps et compatible avec un profil bricoleur. Cependant, les gains sont modestes et il faut prendre en compte les risques : contrat FAI, sécurité, responsabilité en cas d'usage illicite, et obligation de déclarer les revenus. Pour un particulier isolé cherchant à tester une activité passive, cela peut être intéressant. Pour obtenir un revenu significatif il faut assembler plusieurs IP résidentielles et gérer les aspects contractuels et fiscaux sérieusement.

Si vous décidez de tester, commencez petit : un appareil isolé, estimation précise des coûts, surveillance, et déclaration des premiers euros gagnés. En cas de doute, demandez conseil à un expert-comptable pour la qualification fiscale de vos revenus.

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