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Conseils

ETF vs Assurance-vie : que choisir ?

Comparaison détaillée entre ces deux produits d'investissement populaires.

5 novembre 2025
16 min de lecture
Finomo
Analyste Financier

ETF et assurance-vie sont deux moyens populaires d’investir. Mais lequel choisir selon votre situation, votre horizon et votre fiscalité ? Décryptage complet (et concret) pour prendre une décision rationnelle, sans jargon.

Avant de commencer : on compare quoi exactement ?

Un ETF (Exchange Traded Fund) est un support d’investissement : un fonds coté en bourse qui réplique un indice (ex. MSCI World). Une assurance-vie est une enveloppe (un contrat) dans laquelle on place des supports (fonds euros, unités de compte, parfois des ETF).

Donc la vraie question est souvent : quelle enveloppe pour acheter des ETF(assurance-vie, PEA, compte-titres) et quelle part de fonds euros pour lisser le risque. On va quand même garder la formulation “ETF vs assurance-vie” car c’est la manière la plus fréquente de poser le problème.

Note : cet article est informatif et général, pas un conseil personnalisé. Les règles fiscales évoluent ; vérifiez votre situation (et la documentation de votre contrat) avant d’agir.

Objectifs : ce que vous essayez vraiment d’optimiser

Pour choisir intelligemment, il faut d’abord clarifier l’objectif. Dans la pratique, on cherche à optimiser une combinaison de quatre critères :

  • Rendement net : performance après frais et fiscalité.
  • Risque / volatilité : amplitude des variations et probabilité de pertes à un instant T.
  • Flexibilité : versements, retraits, arbitrages, choix des supports.
  • Transmission : qui reçoit quoi, quand, et avec quelles taxes.

L’erreur classique est de chercher “le meilleur produit” au lieu de chercher “le meilleur montage pour mon objectif”. Un bon choix aujourd’hui dépend aussi de votre trajectoire : êtes-vous en début de carrière (capacité d’épargne en hausse) ou proche d’un besoin de liquidité (achat immobilier, projet, retraite) ?

Comprendre l’assurance-vie (le contrat) : supports, frais, fiscalité

1) Les deux moteurs de l’assurance-vie : fonds euros et unités de compte

Une assurance-vie peut contenir deux grandes familles de supports :

  • Fonds en euros : capital généralement garanti (hors cas extrêmes), rendement plutôt régulier, mais rendement souvent modéré.
  • Unités de compte (UC) : supports non garantis (fonds actions, obligations, SCPI, ETF “internes” au contrat selon l’assureur). Elles apportent le potentiel de performance… et le risque.

Beaucoup de contrats imposent des règles de versement (ex. un minimum d’UC) pour accéder aux meilleurs fonds euros. C’est important : votre performance nette dépend autant de la qualité des supports que de ces règles contractuelles.

2) Les frais : le vrai coût de l’assurance-vie

Sur le papier, l’assurance-vie est “simple”. En réalité, elle peut cumuler plusieurs couches de frais. Les principaux :

  • Frais sur versement (ou frais d’entrée) : prélevés à chaque dépôt (0% sur les bons contrats en ligne, parfois plusieurs % sur d’autres).
  • Frais de gestion du contrat : souvent un % annuel sur les UC (et parfois sur le fonds euros).
  • Frais propres aux supports : chaque fonds/UC a ses propres frais (TER, frais de gestion internes).
  • Frais d’arbitrage : quand vous changez de supports (souvent gratuits sur les contrats modernes, mais pas toujours).

Pourquoi c’est déterminant ? Parce que les frais s’appliquent souvent tous les ans et viennent grignoter l’effet boule de neige. Une différence de 1%/an sur 15–20 ans peut changer significativement le résultat.

Exemple d’ordre de grandeur : 1,5% de frais vs 0,2%

Supposons un portefeuille actions diversifié qui ferait 6%/an brut (hypothèse simplifiée). Avec 0,2% de frais annuels, il resterait environ 5,8%. Avec 1,5%, environ 4,5%.

Sur 20 ans, la différence entre 5,8% et 4,5% peut représenter des dizaines de % de capital final en moins. Ce n’est pas un détail, c’est le cœur de la comparaison.

3) Fiscalité : pourquoi l’assurance-vie est souvent “l’enveloppe favorite”

L’assurance-vie est appréciée pour sa fiscalité, notamment au-delà de 8 ans (abattement annuel sur les gains retirés, conditions spécifiques selon les versements et la législation). Dans beaucoup de situations, elle devient efficace pour :

  • Capitaliser longtemps sans frottement fiscal annuel sur les arbitrages internes.
  • Retirer progressivement à la retraite en optimisant l’imposition.
  • Transmettre via la clause bénéficiaire (souvent plus souple que d’autres cadres).

Attention : “fiscalité avantageuse” ne veut pas dire “toujours gagnante”. Si les frais du contrat sont élevés, ils peuvent annuler l’avantage fiscal. La bonne question est : quel est le rendement net attendu, frais et fiscalité compris.

Comprendre les ETF : ce que vous achetez réellement

1) ETF : une brique de portefeuille très simple… si on la choisit bien

Un ETF réplique généralement un indice. Avec un seul ETF monde (ou monde + émergents), vous pouvez obtenir une diversification large : milliers d’entreprises, dizaines de pays, secteurs variés. C’est l’un des outils les plus efficaces pour investir à long terme.

2) Les paramètres qui comptent vraiment

  • Frais (TER) : plus c’est bas, mieux c’est, à indice équivalent.
  • Qualité de réplication : l’écart de performance réel (tracking difference) est souvent plus important que le TER affiché.
  • Capitalisant vs distribuant : capitalisant réinvestit les dividendes ; distribuant les verse.
  • Taille et liquidité : encours et volume, pour limiter les écarts achat/vente.
  • Enveloppe d’achat : PEA, compte-titres, assurance-vie (c’est souvent le point décisif).

3) Volatilité : le “prix” de la performance

Beaucoup hésitent à cause des baisses temporaires. C’est normal : un portefeuille actions peut baisser fortement sur une année. Mais sur un horizon long, la volatilité est le prix à payer pour espérer un rendement supérieur. La question n’est pas “est-ce que ça peut baisser ?” (oui), mais “est-ce que mon horizon me permet de traverser une baisse sans vendre au pire moment ?”.

ETF vs assurance-vie : comparaison point par point

CritèreAssurance-vieETF (via PEA/CTO, ou parfois AV)
NatureEnveloppe + supports (fonds euros, UC)Support (fonds indiciel coté)
FraisVariable ; peut cumuler plusieurs couchesSouvent très bas (ETF) + frais de courtage éventuels
FiscalitéSouvent attractive à long terme, arbitrages internes peu “frottants”Très dépendant de l’enveloppe (PEA/CTO), gestion des plus-values/dividendes
GarantieFonds euros : généralement garanti ; UC : nonPas de garantie (actions/indices)
TransmissionSouvent très souple via clause bénéficiaireDépend du cadre successoral classique
SimplicitéTrès simple pour l’utilisateur… si le contrat est bonSimple mais nécessite un minimum de méthode (choix ETF, rebalancing)

Choisir l’assurance-vie : dans quels cas c’est rationnel

Choisir l’assurance-vie si…

  • ⏳ Vous avez un horizon long et vous voulez une enveloppe optimisable dans le temps.
  • 🧾 Votre fiscalité rend l’optimisation sur les retraits intéressante.
  • 🧩 Vous voulez combiner fonds euros (stabilité) et UC (potentiel).
  • 🧑‍👩‍👧‍👦 La transmission via clause bénéficiaire fait partie de vos priorités.
  • 🧠 Vous préférez une expérience “contrat” (versements programmés, arbitrages internes) plutôt qu’un compte de courtage.

Le piège : un bon concept avec un mauvais contrat

Une assurance-vie “moyenne” peut être pénalisante si elle cumule : frais sur versement, frais de gestion UC élevés, choix UC limité, arbitrages payants, et fonds euros peu compétitif. Dans ce cas, l’avantage fiscal peut être “mangé” par les frais.

Checklist rapide pour un contrat d’assurance-vie performant

  • Frais sur versement : viser 0%.
  • Frais de gestion UC : viser bas (comparaison indispensable).
  • Arbitrages : gratuits ou inclus.
  • Choix de supports : suffisamment large, avec des supports indiciels/ETF si disponibles.
  • Règles d’accès au fonds euros : comprendre les contraintes (part d’UC, etc.).

Choisir les ETF : dans quels cas c’est rationnel

Choisir les ETF si…

  • ✂️ Vous voulez minimiser les frais et maximiser la performance brute captée.
  • 🌍 Vous cherchez une diversification mondiale simple.
  • 🧱 Vous êtes à l’aise avec l’idée que la performance se construit sur 10–20 ans.
  • 🔁 Vous pouvez mettre en place une routine (versements programmés + discipline).
  • 📈 Vous acceptez la volatilité et vous avez un plan pour ne pas vendre en panique.

Les enveloppes possibles pour acheter des ETF

En France, vous achetez rarement “des ETF tout court” : vous les achetez via une enveloppe. Les plus courantes :

  • PEA : intéressant pour des ETF éligibles (souvent Europe/Monde via structures compatibles). Potentiellement très optimisé à long terme.
  • Compte-titres (CTO) : maximum de choix d’ETF (monde, secteurs, obligations, etc.), mais fiscalité à intégrer.
  • Assurance-vie : parfois accès à des ETF/trackers internes au contrat, mais avec des frais de gestion supplémentaires.

C’est souvent là que se joue le match : un ETF “parfait” dans une enveloppe mal adaptée peut être moins efficace qu’un ETF “très bon” dans une enveloppe fiscalement optimisée.

Cas pratiques : quelle stratégie selon votre profil ?

Profil 1 : débutant, objectif long terme, simplicité maximale

Si vous débutez, cherchez la simplicité : un portefeuille diversifié, des frais faibles, et une routine. Une approche robuste est souvent :

  • Une poche de sécurité (livret/compte rémunéré) pour éviter de vendre en baisse.
  • Un ETF monde (ou monde + émergents) dans une enveloppe adaptée (PEA si possible, sinon CTO).
  • En parallèle, une assurance-vie peut servir de cadre long terme si vous valorisez la transmission et la flexibilité des arbitrages.

Profil 2 : investisseur prudent, besoin de stabilité

Si la volatilité vous empêche de dormir, l’assurance-vie avec une part de fonds euros peut aider à stabiliser le portefeuille. L’objectif n’est pas de “fuir le risque”, mais de le calibrer pour tenir la stratégie sur la durée.

Profil 3 : investisseur “frais-first”, recherche d’efficacité maximale

Si votre priorité est de capter le rendement du marché avec un minimum de frictions, les ETF en direct (souvent via PEA/CTO) sont très difficiles à battre. Dans ce cas, l’assurance-vie peut être réservée à des objectifs spécifiques (fonds euros, transmission, ou diversification de supports non accessibles ailleurs).

Profil 4 : préparation de la retraite (retraits progressifs)

À l’approche de la retraite, la question devient : comment sortir de l’argent de façon régulière, fiscalement efficace, sans prendre un risque de séquence trop élevé. Une assurance-vie peut être un bon outil pour organiser des retraits, surtout si le contrat est ancien (horizon long) et si vous avez déjà capitalisé.

“Le meilleur choix” : souvent un duo, pas un duel

Dans beaucoup de cas, la meilleure stratégie est hybride : ETF pour la performance et les frais bas, assurance-vie pour l’enveloppe long terme, la flexibilité et la transmission.

Exemple de répartition (illustrative, pas universelle)

Exemple d’approche pragmatique : utiliser un ETF monde comme cœur actions, et un fonds euros (ou équivalent prudent) pour amortir les chocs, le tout selon votre tolérance au risque. L’important est de rester cohérent avec votre horizon.

Mini-méthode de décision en 5 questions

  1. Ai-je un horizon < 5 ans pour ce capital ?
  2. Quelle baisse temporaire maximale suis-je capable d’encaisser sans vendre ?
  3. Est-ce que la transmission est un objectif central ?
  4. Mon contrat d’assurance-vie est-il “bon” (frais bas, supports corrects) ?
  5. Ai-je une enveloppe (PEA/CTO) adaptée pour des ETF à faibles coûts ?

Si vous répondez clairement à ces questions, le choix apparaît souvent tout seul.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Comparer un ETF “pur” à une assurance-vie “chargée” sans regarder les frais réels.
  • Choisir un mauvais contrat (frais sur versement, UC médiocres) “pour la fiscalité”.
  • Investir en ETF sans plan et paniquer à la première baisse.
  • Tout mettre en fonds euros par peur, puis regretter l’écart de performance à long terme.
  • Multiplier les supports sans raison : complexité ≠ diversification.

Conclusion

ETF et assurance-vie ne sont pas des ennemis : ils répondent à des besoins différents. Les ETF sont une brique de performance et de diversification à faibles coûts ; l’assurance-vie est une enveloppe utile pour piloter fiscalité, arbitrages internes, et transmission. Le bon choix dépend surtout de trois variables : frais réels, horizon et objectif.

Si vous voulez, je peux aussi ajouter une section “scénarios chiffrés” plus détaillée (avec 2–3 simulations) ou adapter l’article à une audience spécifique (débutants, hauts revenus, préparation retraite).

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